Je m’intéresse à la réussite, quelque soit le domaine, depuis que je suis né.
J’ai grandi en regardant les champions à la télévision.
Dès que j’en ai eu l’âge, j’ai commencé à lire tout ce que je pouvais sur le sujet si bien qu’à 12 ans, je lisais déjà des livres techniques comme celui de Christine Hanon et de Bruno Gajer sur le 800 m parce que je souhaitais savoir comment devenir Wilson Kipketer.
J’ai longtemps cru à la méritocratie, que nos efforts seraient toujours récompensés, à la hauteur de l’intensité et de la durée de ceux-ci.
Mais rapidement, la vie m’a fait comprendre que c’était un mensonge.
J’avais beau être le plus sérieux, le plus déterminé de mon groupe d’entrainement que j’étais derrière certains qui ne s’entrainaient presque jamais.
Malgré tout, et encore aujourd’hui, je ne sais pas abandonner.
Pire, si tout est contre moi, je redoublerais déjà sans certitude de réussir comme avec mes douleurs de genoux.
Heureusement, la plupart du temps, mon acharnement finit par payer comme avec mon livre « Hybrid » consacré à l’Hyrox où malgré les bâtons dans les roues que le destin m’a mis sur le chemin.
Toutefois, toutes mes « réussites » ont un point en commun : La chance !
N’ayant plus de « nouveaux » livres en stock à lire, je me relis parfois les pépites qui figurent dans ma bibliothèque.
Hier soir, j’ai donc réouvert « Tous Winners » de Malcolm Gladwell, un auteur que j’apprécie particulièrement qui analyse les secrets de la réussite.
Sous couvert d’histoires fallacieuses, on pourrait presque croire au mythe du Self Made Man.
Que l’on peut réussir en partant de rien grâce à sa volonté, à ses efforts.
Pire, que moins on est « doué », plus on a chance de réussir grâce à la « rage » que cela donne.
Bien sur, cela aide à se battre, à avoir le Spirit mais ce n’est pas une garantie, loin de là.
Savez-vous par exemple que les meilleurs joueurs de Hockey professionnels sont pratiquement tous nés en début d’année ?
Parce que les catégories d’âges commencent au 1 janvier.
Ainsi, plus on est né proche de ce jour et plus on a de chances d’avoir l’âge que l’on a physiologiquement parlant comparativement à un autre joueur né en décembre de la même année.
Vous connaissez sans doute le dicton de « Matthieu » : Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a.
A celui qui est né en début d’année, puisqu’il est meilleur grâce à son avance biologique sur ses camarades nés en fin d’année, on lui donnera plus d’attention.
Ses parents voyants qu’il est meilleur que son voisin s’investiront dans sa pratique.
Les entraineurs lui accorderont plus d’attention et à mesure que les années passeront, il aura accès à des classes spécifiques, a plus d’heures d’entrainements…
Il n’est pas sur qu’il devienne un professionnel, c’est à dire qu’il finisse par en vivre mais cela fait beaucoup de circonstances qui s’accumulent.
C’est le fameux effet « Boule de neige » : Un petit avantage au début peut se transformer en un énorme avantage sur le moyen et long terme.
Si on analyse la réussite, quelque soit le domaine encore une fois, on se rend compte à chaque fois de cet avantage compétitif.
Tous ceux qui ont révolutionné « l’ordinateur » sont nés au même moment et ont eu accès à des ordinateurs quand ils étaient très très rares avec des temps de pratiques incommensurables : Bill Gates, Mark Allen, Steve Jobs…
J’ai « réussi » à mon niveau, malgré moi, parce que je suis né fin des années 1980 et que j’ai eu accès à internet dès le début de mon adolescence.
Parce que j’ai pu me faire la main pendant des années en sous-marins avant d’exploser, utilisant des pseudos comme « Tartanpion » sur les forums de musculation pour poser mes questions.
J’ai pu me développer autant musculairement parce qu’à 12 ans, je faisais déjà des séries d’abdominaux tous les jours après l’école, parce qu’à 14 ans, j’avais déjà accumulé des centaines d’heures de recherches sur le sujet.
J’ai pu « réussir » car j’étais là au bon moment mais aussi avec les bonnes personnes.
J’ai rencontré mes associés par des concours de circonstances : J’habitais au bon endroit pour pouvoir m’entrainer avec tous les samedis matins.
Je me suis entrainé dans l’une des meilleures salles de France au début des années 2000 car elle se situait à 15′ à pied de chez moi !
J’ai appris « facilement » car mon père et mon grand père avait déjà des tonnes de magasines de musculation.
J’ai commencé à m’entrainer parce qu’il y avait un banc dans le sous-sol de la maison de mes parents et que mon père s’entrainait après une blessure au genou, pour ne pas ne rien faire.
J’ai fait de l’athlétisme enfant car j’avais accroché à l’école des sports avec l’entraineur qui m’avait invité à venir au club.
Tout dans la vie est une question de circonstances, d’environnement, de bons moments, de bonnes rencontres.
Nous avons tous tendance à ramener la réussite au talent mais, bien qu’il existe, il n’est pas qu’une partie de l’équation.
Je crois que la chance peut contre-carrer en bonne partie les dés que la nature nous donne.
Nous ne pouvons pas revenir sur tout, certes mais l’expertise se construit, se développe à force de faire.
Plus j’écris, plus je deviens bon écrivain.
Plus je m’entraine intelligemment, plus je me construis et développe de capacités.
Plus je pose de questions et plus je pose de questions pertinentes.
Le talent, ca se développe mais pas en restant chez soi, pas à attendre que la chance frappe à sa porte.
Personne ne naît avec suffisamment de talent pour qu’il suffise à réaliser quoi que ce soit de « grand ».
C’est pour cela que la chance ne suffit pas, qu’avoir les bons gènes n’est pas suffisant.
Rien ne remplace le travail, l’effort, le « labeur ».
Quant à savoir si vous êtes au bon endroit, au bon moment…. Seul le temps finira par vous le dire.
Ce qui est sur, c’est que vous ne faites rien, talent de base ou pas, vous ne ferez rien.