PEUT-ON CHANGER ?

Pendant de nombreuses années, j’ai été un adepte de la volonté.

Je ne comprenais pas que des gens n’arrivent pas à atteindre leurs objectifs.

Ca ne me semblait pas compliqué.

J’avais l’impression que si je voulais quelque chose, je le pouvais.

Je croyais à la méritocratie pour expliquer les résultats de n’importe qui.

Quand je lisais des autobiographies, cela me semblait tellement simple.

D’autant plus que si quelqu’un y arrivait, je pouvais forcément y arriver.

Après tout, ce n’est qu’un humain, un type comme moi qui n’a rien de plus.

Je croyais avoir tous les pouvoirs, avoir compris le « truc » en plus.

C’était une question de volonté, rien de plus.

Et ceux / celles qui se refusaient à l’avoir, à en faire preuve, ne valaient rien, vraiment.

Ils abusaient.

J’ai passé des années à investiguer les notions de talents, la réussite pour finalement découvrir que je me trompais.

Ca n’a jamais été aussi simple que ca et la vérité, c’est que j’ai eu beaucoup de chance.

Le talent, c’est la répétition mais pas n’importe quand, n’importe où et encore moins quand on le souhaite.

Quand j’ai lu le « Gène du sport » que je recommande à tous, j’ai commencé à comprendre.

Commencer à comprendre que tout était déjà joué.

C’est l’un des paradoxes de la vie, de découvrir comment cela aurait du se passer pour atteindre tel ou tel objectif que ce soit en terme d’entrepreneuriat, de performance ou tout simplement de bonheur, à retard quand c’est possiblement trop tard.

Parce que le bonheur n’y échappe pas.

Il paraîtrait que c’est une décision, une attitude.

Encore une histoire de volonté : Je décide d’être heureux et je suis heureux. C’est facile ! Vraiment ?

En tant que coach depuis maintenant plus de deux décennies, ce qui m’intéresse surtout, c’est la capacité d’autrui à changer, à évoluer.

Dans « Pourquoi eux ? Les secrets de leurs ascensions », la conclusion est sans appel : « Si les bases ne sont pas posées avant 25 ans, c’est fini ».

Mais fini pour quoi ? Pour devenir champion olympique, certainement mais est-ce le but d’une vie ? Et après, on fait quoi ?

Aujourd’hui, j’ai une vision bien différente et qui s’explique sur deux niveaux de lecture :

Le premier niveau, c’est ce que je crois d’autrui.

Est-ce que je crois qu’il peut changer, qu’il peut apprendre ?

Est-ce que je crois suffisamment en lui pour l’emmener avec moi, lui communiquer mon entrain, ma vision de ce qu’il pourrait réussir ?

Est-ce que je peux le contaminer ?

Lorsque quelqu’un me contacte pour être coaché et que j’accepte de faire équipe avec, c’est que je suis convaincu qu’on va atteindre ses objectifs.

Je crois encore plus en lui que lui-même.

Je ne saurais dire comment j’ai acquis ce trait mais il est en moi.

Je vois des possibles quand d’autres ne voient que des impossibilités.

J’y crois tellement que j’arrive à transmettre la flamme. Je n’ai presque aucun doute de réussir.

Mais ce premier niveau ne suffit pas car si je suis le seul à avoir la foi, je ne vais aller nul part.

Je suis certain qu’elle peut apprendre, évoluer et que l’apprentissage ne se finit certainement pas quand on sort de l’école.

J’en suis la preuve, peut être par l’exception, ayant arrêté officiellement en première scientifique pour être cette année, officiellement, DEJEPS à 39 ans soit un « niveau » Bac + 2.

Le deuxième niveau, c’est ce que croit la personne d’elle-même.

De ce que j’ai vécu jusqu’à présent, j’ai souvent été confronté à des personnes qui ne s’estiment pas, qui n’ont aucune confiance en elle.

Elles s’imaginent que tout est impossible.

Pire encore, qu’elles sont comme elles sont et qu’elles ne peuvent pas changer.

On leur a dit qu’elles étaient nulles en mathématique à l’école alors elles sont nulles, délaissant la matière et devenant alors encore plus mauvaises.

On leur a dit qu’elles ne pourraient jamais y arriver, qu’elles sont moches, laides ou que sais-je encore et c’est comme ca.

La nature ne les a pas gâté.

Aucune opération du Saint Esprit, sans travail, ne permet de progresser dans un domaine.

Mais travailler ouvre des portes, indéniablement.

Elles souhaitent perdre du poids ? On leur expliquera que ce n’est pas à leur portée, que c’est trop d’effort.

Mieux encore, on leur fera des petits gâteaux (je ne vise personne qui se reconnaîtrait :D) parce qu’il faut savoir se faire plaisir, profiter de la vie… pour les empêcher d’évoluer inconsciemment.

Au delà de l’entourage, elles s’imposeront des limites parce que toutes leurs vies, on leur a appris qu’elles en avaient.

Toute la famille est en surpoids donc tu es fait pour être en surpoids.

C’est génétique, tu ne peux rien y faire.

Ce que je crois personnellement et vous le savez aussi bien que moi, c’est que nous ne sommes que le reflet de nos croyances.

C’est pourquoi rien ne sert de chercher à convaincre qui que ce soit qu’il est dans le « faux » selon notre vision.

Car pour lui, il est dans le vrai.

Ses croyances jusqu’à aujourd’hui l’ont amené ici.

Et c’est pour cela que le changement est difficile.

Parce que nous avons accordé du crédit à des gens qui n’en avaient pas, qui n’en savaient rien.

Les mots ont une importance que nous sous-estimons parce que personne ne nous l’explique, ne nous l’apprend.

Des livres comme « Comment se faire des amis » ou « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs » sont des musts à ce sujet.

Personnellement, j’accorde peu de crédit aux commentaires que je peux recevoir, aux avis non sollicités.

C’était d’ailleurs ma phrase presque fétiche au moment où j’organisais les SuperPhysique Games et où beaucoup y allaient de leurs avis sur ce qu’on devrait faire.

Mais c’est naturellement parce que je me suis immunisé petit à petit aux avis d’autrui grâce / à cause des dizaines de milliers de commentaires que j’ai reçu sur les réseaux sociaux depuis presque autant de temps que je coach.

C’est pour cette raison que je sais très rapidement si une personne peut évoluer, peut changer ou pas.

Les croyances d’autrui se lisent sur elle, physiquement mais aussi oralement, dans l’attitude.

Je sais tout de suite qui peut changer de qui ne le peut pas.

Et malheureusement, je ne peux pas aller au deuxième niveau.

C’est à chacun de se convaincre qu’il le peut et que tout ce qu’on lui a dit jusqu’à présent n’étaient que des sornettes.

Car la vérité, ce ne sont que des croyances.

Des croyances qui nous définissent.

A partir de là, on peut commencer.

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