LA VOLONTE NE SUFFIT PAS

Pendant longtemps, j’ai cru que la volonté était un trait de caractère qui se développait, que cela s’apprenait.

Puis, j’ai lu le « Gène du sport » de David Epstein et j’ai compris que, comme tout dans la vie, il y avait une réelle composition génétique.

En train de lire « Le journal d’un CEO » de Steven Bartlett que je ne connaissais pas avant la recommandation de notre ami Jérome, c’est pire que ce que j’imaginais.

Bien que la part de chance soit omniprésente dans la vie et que l’on nous explique, moi le premier, qu’il s’agit de se créer des opportunités pour espérer en avoir, il n’empêche que lorsque tout devient un effort de volonté, les carottes sont cuites.

Tout part de l’éducation et même si l’étude a souvent été remise en question, si enfant, on ne sait pas résister à ses désirs instantanés, l’avenir s’annonce difficile.

On se pensera avoir droit avant même de réaliser des devoirs ou des actions pour obtenir.

Imaginez un enfant de 5 ans à qui on met un bonbon sur la table. On lui explique que s’il attend 10 minutes pour le manger, il en aura un deuxième.

Mais que s’il le mange tout de suite, il n’en aura qu’un.

Je ne l’apprendrais à personne, l’éducation parentale a pris une claque lors des dernières décennies.

Des personnes font des enfants sans avoir réfléchi en amont à la réorganisation de sa propre vie afin de laisser de la place et surtout du temps à la transmission des « bonnes » valeurs.

A plus « bas » niveau, combien de personnes ont pris des chiens et ne s’en occupent pas ? Ma rue en est bondée !

On compte sur l’école qui ne fait qu’instruire et qui n’est pas là pour éduquer. Nous voyons d’ailleurs ces derniers jours où nous en arrivons.

Sans apprentissage de règles pour le bien commun, sans mise en place de cadre et pire encore, sans gestion de la frustration, c’est toute la société qui dégénère.

Alors que je pourrais croire que ce n’est qu’une histoire de volonté, j’aimerais en tout cas.

Souvent, ceux qui ne me connaissent pas, me demandent si ce n’est pas trop difficile de manger comme je mange, de faire preuve de rigueur et de discipline au quotidien dans ce que je fais.

A l’instar du livre « Facile » que j’apprécie particulièrement, je n’ai jamais eu l’impression de devoir faire des efforts de volonté.

Je fais ce qui doit être fait, comme un devoir.

Mieux encore, plus je pense bien agir, plus cela devient facile.

Je n’ai pas à me forcer de croquer dans une tomate ou une carotte au petit déjeuner.

Je n’ai pas à me contraindre de quoi que ce soit.

Parce que j’ai été éduqué comme ca, parce que c’est en moi.

J’en parlais hier soir avec un ami venu me rendre visite, Pascal à qui je loue mon appartement d’Aiguebelette.

J’ai grandi avec des mentors, avec des modèles.

J’ai eu mon grand père qui avait la vie que je souhaitais.

J’ai eu Jean Texier, Michael Gundill, Marc Vouillot que j’ai pu côtoyer de près.

J’ai regardé je ne sais combien de fois la vie des meilleurs bodybuilders pros quand je pensais devenir Monsieur Olympia alors que j’étais encore adolescent, dans l’esprit se « forme ».

J’ai toujours eu des modèles et surtout, je n’ai jamais fait seul.

Peut être que c’est ce qui manque aujourd’hui comme le partageait mon ami Jérémy Coron dans un récent podcast où il déplorait que les modèles des jeunes d’aujourd’hui soient des super héros tombés du ciel, n’ayant pas eu à faire des efforts pour développer quoi que ce soit.

On est loin de l’époque des Rocky ou de Bloodsport où l’effort supplantait tout.

A chaque fois, on nous raconte l’histoire grotesque du Self Made Man.

Mais la vérité, c’est que ce sont des rencontres.

Je n’aurais jamais ouvert www.rudycoia.com sans ma rencontre avec Fabrice.

Je n’aurais jamais ouvert le SuperPhysique Gym sans Arnaud.

Je ne proposerais pas prochainement Hybrid Protect sans Guillaume.

L’erreur de beaucoup est de croire à ces histoires saugrenues de volonté individuelle quand, comme je le partageais récemment :

« Seul, tu vas nul part. Ensemble, tu vas un peu plus loin ».

A deux ou plus, tout a plus de sens et la volonté devient moins omniprésente.

D’autant plus si vous avez l’impression d’être épuisé en permanence par vos efforts.

Donnez rendez-vous à un ami pour aller courir, peu importe le temps, vous allez y aller.

C’est pourquoi les clubs de run se multiplient de partout.

C’est ce que partage Steven Bartlett dans son livre : Il y a une endurance à la volonté.

L’expérience est simple : Deux groupes.

Devant eux, deux bols. Un avec des radis, l’autre avec des biscuits.

Le premier groupe n’a le droit de manger que les radis.

L’autre peut consommer ce qu’il veut.

Après quoi un test intellectuel demandant de la réflexion, à priori, est réalisé.

Ceux dont on a restreint le choix, qui se sont sentis frustrés et ont du faire un effort de volonté pour ne pas manger les biscuits (je sais, c’est triste), ont moins bien réussi.

L’analyse de Steven est que leur volonté était épuisée.

Alors quand l’éducation a été défaillante, et que tout est un effort de volonté, comment l’avoir pour ce qui compte vraiment pour nous ?

Peut être que j’ai de la volonté pour ce qui m’anime car toutes mes autres actions quotidiennes sont faciles. Je ne fais aucun effort.

Mais si tout était difficile et me demandait de lutter contre moi-même à chaque instant ?

Les résultats que j’ai pu avoir, quelque soit le domaine, seraient bien différents.

Bien sur, je pourrais vous parler de modifier vos habitudes.

Cependant, lorsque l’on est « drogué », le changement d’habitude n’est pas possible.

A la rigueur, on peut modifier la récompense comme le partageait Fabrice dans les SuperPhysique Nutrition Podcast.

Tu as envie de grignoter parce que tu es frustré ?

N’aies rien chez toi de « mauvais ». A la place, remplis tes placards et ton frigo d’aliment sain.

La récompense sera peut être une tomate, une carotte, un bout de concombre.

Dans un monde aux multiples possibilités et c’est là tout le problème du rayon yaourt, si tu n’as plus l’énergie et/ou la volonté d’agir pour ce qui compte pour toi, réduis ton nombre d’option.

C’est ma conclusion du moment.

Pour s’en sortir, il faut réduire le bruit ambiant.

Il faut minimiser ses choix à l’instar de Steve Jobs et de son unique tenue.

Pour avoir l’énergie et la volonté nécessaire pour entreprendre ce qui compte vraiment.

Et surtout, n’oubliez pas que rien ne se fait seul.

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