Depuis toujours, je ne sais pas après quoi je cours.
Mais je suis toujours pressé de finir ce que je viens de commencer.
J’ai appris à prendre le temps au fil des années, à me déconnecter de celui-ci jusqu’à ne plus savoir l’heure qu’il est, voir le jour que l’on est.
Pour me concentrer sur l’instant présent, sur ce que je fais, sur ce que je vis.
Nous pensons tous qu’un jour, nous aurons le temps.
Le temps de faire ce que nous désirons vraiment.
Ma mère me disait souvent quand elle était jeune qu’à la retraite, elle ferait ci ou ca. Pareil pour mon père.
Mais la vérité, c’est qu’étant à la retraite, leurs vies n’ont absolument pas changé.
Ils ont de la chance car ils sont toujours en vie car de nombreuses personnes s’éteignent rapidement puisque l’âge moyen en bonne santé, en autonomie est autour de 65-70 ans.
Nous reportons tout à quand nous aurons le temps en croyant que plus tard signifie un jour.
Quand plus tard signifie jamais.
Je pensais être insensible au deuil mais c’est parce que je n’étais pas concerné.
C’est comme les blessures, tant que cela ne nous arrive pas, on ne peut pas comprendre, égoïste, autocentré que nous sommes sur nous-mêmes, d’autant plus que je ne crois pas du tout à l’existence de l’empathie.
Nous passons du temps à accorder de l’importance à des futilités au lieu de se concentrer sur l’expérience.
Parfois, un choix de séries peut déclencher une guerre chez soi comme si la daube que l’on regardait pour se distraire avait une quelconque importance.
A l’aube de mes 39 ans, dans une semaine, cela me fait me poser des questions sur mon avenir.
Suis-je vraiment à ma place, à faire chaque jour ce que j’ai envie ?
Delvine me demandait chaque soir si je serais prêt à revivre la même journée.
Et la réponse était souvent non car j’avais été dans le jus, à devoir gérer des « merdes ».
Est-ce que je ne vais donc pas regretter de travailler autant ? De m’occuper autant ?
Bien sur, je me rappelle toujours que l’utilité est ce qui donne du sens dans cette vie qui n’en a aucun.
Quand j’étais plus jeune, je pensais que les personnes sur le point de mourir avaient une révélation mais il n’y en a pas.
Nous ne sommes que de la poussière d’étoile, sans raison particulière, sans but, comme une expérience à l’instar du film « Men in Black ».
Je pensais avoir plus de temps avec Delvine.
On rigolait en se disant qu’on se marierait pour mes 40 ans, qu’elle mettrait une robe blanche, elle qui avait horreur de suivre les conventions.
Je la tannais depuis années avec ça mais elle croyait que je rigolais, ne me prenait pas au sérieux.
J’aurais du être plus direct.
J’avais décelé que cela marcherait entre nous mais à chaque fois, nous étions pris à droite et à gauche par des relations qui, en tout cas, pour moi, le savait, étaient vouées à l’échec.
Si j’avais su, j’aurais arrangé ma vie autrement, passé plus de temps avec, mieux communiquer parfois.
Malgré tout, j’ai donné le meilleur de moi-même, j’ai fait au mieux avec ce que j’ai pu, avec ce que j’avais, comme tout un chacun.
Le destin m’a amené ici et c’est peut être pour que je vous partage mes pensées.
Alors je me pose des questions et je vous les pose sincèrement : Que souhaitez-vous vraiment vivre ?
Etes-vous vraiment dans la vie que vous désirez ?
Parce que tout le reste n’a aucune importance.
On croit, à tort, que cela en a.
Je me suis rendu, que la vie, c’était quand même mieux à deux.
Seul, tu vas où tu veux mais tu vas surtout nul part.
A deux, tout avait plus de sens, surtout pour moi qui ai réalisé tous mes rêves.
Tu te lèves et tu te demandes ce que tu vas faire, tu fais des projets, tu partages.
A tel point que j’avais presque arrêté d’écouter des podcasts et vidéos ; On les écoutait et regardait ensemble après les avoir sélectionné minutieusement.
Seul, je n’ai pas d’objectif. Je m’amuse, je me distrais.
J’aime écrire des articles et c’est ma première passion ; Me lever et écrire.
Puis lire, apprendre et réécrire ce que j’ai appris.
Faire des podcasts, c’est sympa aussi.
Un peu moins les vidéos instagram que je compte déléguer sous peu.
Je ne veux plus perdre de temps, ma vie avec ce qui ne m’importe pas et n’a aucune valeur.
Je m’aperçois que ce monde est complètement drogué et condamné, qu’il n’a pas compris le bonheur.
Ce monde où le plaisir personnel passe avant tout, avant le plaisir partagé que l’on appelle le bonheur.
Le voisin veut être meilleur que vous mais ne sait pas pourquoi.
Il se croit en compétition, croit qu’il n’y en a pas assez pour lui et vous.
Si vous avez l’air heureux, il fera inconsciemment tout pour vous faire chier.
Si vous atteignez un objectif, il vous dira que ce n’est pas assez, trouvera des excuses à ce que vous avez fait au lieu de s’en réjouir.
Je ne le vois que trop chaque jour sur les zéros sociaux.
Ou avec ma comptable qui parce que j’écris sur Word et non sur PDF veut changer le taux de TVA…
Nous perdons notre temps avec des détails futiles et il est temps que cela cesse.
Au moment où j’écris ses lignes, Delvine vit ses derniers soupirs.
En quelques jours, tout s’est accéléré. Elle ne peut plus parler, à peine ouvrir les yeux avec le regard vide, ne semble plus reconnaître personne.
Alors je me demande quand je ne sais pas quoi faire : Qu’aurait fait Delvine ? Comment aurait-elle agi ?
Ca me rassure et me ramène à l’essentiel.