Je n’ai jamais aimé que l’on m’impose quoi que ce soit.
Que l’on essaie de m’obliger à adopter tel comportement.
J’ai toujours désiré choisir par moi-même, sachant que je suis le reflet de mes influences subies comme mon éducation mais aussi de celles que je sélectionne.
Je ne peux pas suivre aveuglément les propos d’autrui même si je l’estime.
Je ne peux pas déconnecter mon cerveau, même quand je regarde un film ou une série.
J’ai besoin de comprendre ou du moins d’essayer de comprendre.
Je ne peux pas être un suiveur parmi les suiveurs.
Pire, je fais tout pour ne pas suivre la foule.
J’essaie de prendre du recul avant de décider, peu importe le domaine.
Je n’ai jamais su me laisser aller comme je vois certains le faire.
Ce n’est pas dans ma nature d’être un parmi d’autre.
Mieux, je ne sais pas faire semblant, faire croire que.
Je suis un mauvais comédien et je suis mal à l’aise quand je vois des amis faire de l’impro au théâtre.
Je n’ai jamais compris pourquoi on fêtait les anniversaires, comme si nous avions choisi de naître et que c’était un fait joyeux.
C’est juste un fait indépendant de notre volonté, sans mérite, sans travail, un coup de chance.
Doit-on fêter la chance ? J’avoue que j’ai du mal.
Doit-on récompenser ce coup de chance par des cadeaux ?
Cela fait bien des années que j’ai compris que la vie était une histoire de chance mais quand même.
Surtout quand on sait que plus on a chance, plus on a chance, comme une boule de neige, l’effet Warren Buffet.
Si c’était à refaire, est ce que je demanderais de naître ?
Je suis là alors je fais ce que je peux dans ce monde que j’estime médiocre, qui se contente de peu.
Je suis outré du peu d’exigence envers soi-même que j’entrevois.
Des standards, pire des rêves ridicules que j’observe.
Je tente de faire ma part, ce que je peux faire, ce que je crois savoir faire.
Je poursuis mon destin en même temps que je le découvre, voyant ce que la vie veut bien me réserver.
Car je sais que le bonheur est collectif, qu’il n’est pas individuel.
Je me demande si nous ne vivons pas un énorme mensonge, de plus en plus gros.
Un mensonge que la majorité n’est pas capable de remettre en cause, noyée sous les tâches inutiles, dans une course sans fin.
Prenons Noel par exemple.
C’est une fête religieuse qui est censé célébrer la naissance de Jésus…
Si ce n’est pas nous prendre pour des jambons.
Quand on sait comment ont été écrits les différents textes « sacrés » (Le livre « Nexus » en parle en long, en large et en travers).
Choisis par des gens comme vous et moi parmi des milliers de textes différents.
Je suis consterné de reconnaître que nous avons besoin de prétexte pour nous voir, pour nous rassembler.
De constater que nous sommes devenus si peu intelligents.
Je suis atterré de la perte de bon sens de notre peuple.
D’observer son déclin, sa chute cognitive, sa médiocrité grandissante.
Son incapacité à se concentrer, à lire des livres.
Sa recherche de divertissement, de déconnexion quand elle n’est jamais vraiment connectée.
Quand je lis partout sur les réseaux que ce n’est pas grave de mal s’alimenter durant les fêtes, qu’il faut se faire plaisir, de se relâcher…
Je me sens comme un Ovni.
Je ne comprends pas comment on peut autant se mentir.
Ne pas réussir à intégrer que le corps ne se repose jamais et qu’à aucun moment du « poison », car c’est bien ce que cela est, peut faire plaisir.
Je suis sidéré, cloué d’écouter les histoires que chacun se raconte pour se rassurer, pour se donner bonne conscience, pour tenter d’être cohérent avec soi-même.
Comment peut-on se mentir autant ?
Ou peut être tout simplement que l’immense majorité ne s’en rend pas compte.
C’est ce que j’expliquais hier lors d’un enregistrement de podcast avec Vincent Issartel pour « Ca dit quoi » quand je vois des personnes convaincues de grotesqueries, qui seraient prêtes à se battre pour défendre leurs certitudes, pour convaincre autrui car elles ne sont pas capables de réfléchir, de prendre du recul.
Des personnes qui m’expliquent que marcher 4 heures par jour leur permet de manger Fast-Food et que c’est génial, je n’ai plus les mots.
Je me sens de plus en plus en décalage avec mes compatriotes.
J’arrive de moins en moins à faire semblant, à me réjouir de leurs fausses joies, de leurs faux accomplissements.
On me juge brutal, extrême parce que je ne souhaite pas tolérer l’insuffisance, la médiocrité, les religions.
Je ne peux pas tolérer la mienne alors j’essaie de m’améliorer.
Cela devrait être le minimum de chacun, essayer, au moins.
Parce qu’on ne s’épanouit que dans l’action.
J’aimerais que chacun et chacune soient capables de vivre sa vie, d’arrêter de suivre bêtement, d’être un mouton tondu en tout temps.
Je souhaiterais que le bon sens soit la norme et pas une exception.
Que nous n’ayons pas besoin de nous dire quoi faire pour que nous le fassions.
J’ai l’impression de vivre dans le film « Don’t Look Up » tellement ca en devient grotesque.
Je suis fatigué de cette recherche du gain de temps, du hack, de l’astuce, du résultat sans effort.
Je rêve de tout l’inverse : d’efforts, de mérites, de luttes, de combats pour atteindre ou pas.
Je désire me sentir vivant, pas mort vivant.
Et ne parlons pas du bon vivant qui n’est qu’un mort-vivant en devenir, même s’il se ment parce qu’un peu ne ferait pas de mal.
J’apprécierais un retournement de situation plutôt que cette chute de notre civilisation à laquelle j’assiste depuis ma naissance.
Mais je sais malheureusement que rien ne changera, que ce sera de pire en pire.
Je me suis fait à l’idée il y a longtemps.
Alors j’observe tel un observateur dans la série « Fringe » que je regardais adolescent.
Et je tente de faire ma part.
Sait-on jamais qu’un mot, qu’un regard, qu’une action puisse induire un changement en qui que ce soit.