Je crois que j’ai enfin compris.
Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ce moment où vous avez l’impression d’avoir d’avoir eu une illumination.
Hier, j’appelais Fabrice pour prendre des nouvelles d’un des problèmes qu’il rencontre.
Et dans la conversation, soudain, l’idée apparait.
Ce n’est pas faute d’avoir abordé le sujet au fil des années mais là, c’est clair comme de l’eau de roche.
Nous sommes dans une société où la quête de sens fait rage.
Il ne se passe pas une journée sans qu’on me demande le but de la vie, conscient que l’on passe à côté.
D’un côté, on nous dit d’en faire plus, toujours plus, d’accumuler, de collectionner.
De l’autre, de ralentir, de prendre le temps, de se concentrer sur l’être et non le paraître.
Mais il y a un dénominateur commun derrière ces raisonnements.
Nous cherchons tous un sens à cette vie, à un moment ou à un autre.
Un des derniers messages de Delvine lorsqu’elle avait encore toute sa tête a été :
« J’ai compris qu’il y avait pas de sens dans la vie, juste ce que la vie nous réserve ! Et même si ça fait mal, elle m’a réservé le droit d’être consciente de toute la chance que j’ai d’être super bien entouré ! »
Mais même diminuée, elle ne savait pas rester en place, attendre que le temps passe.
Par tous les moyens, elle cherchait à être utile.
Je n’avais même plus le temps de préparer à manger que c’était prêt.
Je n’avais pas le temps de dérouler ma To-Do List de rendez-vous à prendre qu’ils étaient déjà pris.
Tout comme moi, Delvine ne savait pas être inutile, être dans l’attente.
Si elle ne pouvait être utile à elle-même, elle devait être utile aux autres.
C’est un des fondements de mon livre « The Life » dont je viens de vendre le dernier exemplaire.
Je crois que l’épanouissement dans la vie, au delà du sens, est d’être utile.
Hier, lorsque j’exposais ma théorie à Fabrice, il me retorqua que l’entraînement était individualiste, égocentrique.
Certes mais tout ce que je fais, je le partage à un moment, non pas pour dire « Regardez moi » mais pour montrer, d’une part l’exemple et d’autre part pour partager mon expérience afin de faire mieux ensemble que seul depuis toujours.
Enfant et adolescent, j’ai grandi de manière solitaire.
J’ai toujours été « différent » avec du mal à me lier aux autres enfants qui avaient des occupations que je trouvais déjà futiles.
C’est sans doute pour cela que le faire mieux ensemble s’est imposé à moi, naturellement.
J’ai cherché à combler ce que je n’avais pas eu, vécu.
Depuis, je me suis toujours efforcer à partager, à transmettre, à être utile quelque soit le média : articles, vidéos, podcasts, publications sur les réseaux sociaux.
Dès que j’apprends quelque chose, cela se lit et s’entend dans ma voix, la passion me porte, me guide.
Je n’ai qu’une hâte, que tout le monde le sache aussi pour l’appliquer, voir ce que ca donne.
Je ne peux pas le garder pour moi. Pour le coup, ca n’aurait aucun sens.
J’ai grandi, malgré moi, avec cette idée d’être utile.
Alors chaque jour, j’essaie de l’être.
Déjà pour moi, en prenant soin de mon apparence, de mon intérieur, même si c’est sans fin et que je m’intéresse à de plus en plus de sujets en vieillissant.
Mais aussi d’autrui.
Rien ne m’épanouit plus que d’être utile aux autres.
C’est peut être pour cela que je suis devenu coach alors que je souhaitais, consciemment, seulement m’entraîner et encore m’entraîner pour devenir champion du monde de je ne sais quoi.
Plus que la reconnaissance qui m’importe peu aujourd’hui, je cherche l’utilité.
Mais surtout, je ne sais pas être inutile et je lutte contre à chaque instant.
Je ne sais pas rester là, dans mon canapé, à attendre que le temps passe.
Je ne sais pas prendre une journée complète sans rien faire d’utile à moi et à autrui.
Parce que je crois que le sens de la vie est dans le partage.
Quand je choisis ce que je regarde et/ou ce que j’écoute, je me demande toujours avant d’appuyer sur « lecture » si cela me va servir et si je vais pouvoir en parler ensuite.
Je ne comprends pas cette culture de l’inutilité, cette culture du vide.
Pourtant, je connais des gens comme ça qui sont complètement inutiles à eux-mêmes et aux autres.
Ils sont là et attendent je ne sais pas quoi.
J’avoue que cela m’angoisserait d’être dans l’attente perpétuelle sans savoir ce que j’attends, d’être un simple observateur.
Si de nombreuses personnes tombent en dépression, font des Burnouts et autres « maladies » mentales au travail, c’est parce qu’elles ne raisonnent pas en terme d’utilité.
Elles font un travail, des tâches sans comprendre à quoi elles servent.
Alors forcément, si elles ne servent à rien, à quoi bon les faire ? A quoi je sers ? Quel est le sens ?
Je pousserais le raisonnement encore plus loin, me concernant :
Si je ne fais rien d’utile, à quoi bon vivre ?
Je crois que tout se résume à prendre soin de soi dans un premier temps puis à prendre soin des autres dans un deuxième temps.
En tout cas, c’est ce qui me drive chaque jour.
Et je crois bien que sans ce sentiment d’utilité, cette vie n’aurait aucun sens.
Ps : Evidemment, cela n’engage que moi et mon expérience accumulée jusqu’ici, dans cette vie. Chaque parcours pouvant amener à une autre conclusion.