MA MAISON EST MAL RANGEE

Lorsque les gens viennent chez moi, ils sont souvent surpris de l’état de mon jardin.

Autant le dire tout de suite, si j’avais eu le choix d’avoir la Villa SuperPhysique sans espace extérieur, autre que pour garer des voitures, je l’aurais fait.

Mais malheureusement, je me suis retrouvé avec presque 2000 m carré de terrain.

Comme tout bon propriétaire, j’aurais pu prendre le parti de m’en occuper.

De tondre toutes les trois semaines, de couper la vingtaine d’arbre deux fois par an tout comme la haie que mes voisins se font un malin plaisir de me rappeler par email chaque année, oubliant même que j’en ai une.

En clair, de passer du temps dessus.

J’aime bien me raconter l’histoire que je ne suis pas manuel, même si tout s’apprend.

Le talent, ce n’est que la répétition ; L’expertise, que l’expérience.

Mais ce n’est pas la vraie raison.

J’ai rapidement eu la lucidité d’intégrer que mes possessions ne me posséderaient jamais.

A table, même jeune, j’ai souvent fait des tâches sur mes vêtements… je n’en avais rien à faire, ca ne m’empêchait pas de les mettre.

Je mettais des baskets trouées sans que cela ne me gène.

Même me concernant, ce n’est que très récemment que je fais de plus en plus attention à moi visuellement ce qui peut être paradoxal.

C’est mon ami Saverio qui me sert de modèle à ce sujet, qui a compris il y a fort longtemps, que prendre soin de soi, c’était se respecter mais aussi respecter autrui alors j’essaie de le copier tant bien que mal.

Bref, il va chez le coiffeur et le barbier toutes les deux semaines et est toujours habillé comme un prince !

Cela me rappelle, à l’inverse, que mon grand père récupérait nos baskets abimés, coupait l’arrière et mettait du scotch pour boucher les trous pour faire le jardin avec.

Depuis presque toujours, je n’ai jamais su prendre soin de mes possessions.

Mes ordinateurs sont dégueulasses, il y a des trous dans mon jardin et je ne lave jamais mes voitures.

Car ce qui m’importe, ce ne sont pas les apparences.

C’est ce que je vis.

Mon jardin ? Je n’y vais jamais et si ma maison était mieux placée dessus, j’en vendrais un bout.

C’est Broly qui s’en sert, surtout l’été, en allant dormir à l’ombre sous les arbres.

Que mon ordinateur soit propre ou salle ne change rien à ma façon d’écrire ou de travailler sur mes élèves en coaching.

Que ma voiture soit comme neuve ne change aucunement les sensations que j’ai en la conduisant.

Alors bien sur, il y a un aspect méditatif à prendre soin de ses objets, à nettoyer sa caisse, à tondre sa pelouse…

Ca évite de penser à tous ses tracas, ca permet de « fuir ».

Pour la cuisine, c’est différent car si on cuisine pour plusieurs, ca fait partie du bonheur.

Et puis, il y a un certain plaisir à ce que tout soit nickel.

Mais n’y a-t-il pas plus important ?

Est-ce que je ne préfère pas passer du temps à faire autre chose de ma vie ?

Et est-ce que tout peut être nickel ?

Car à bien y regarder, ce n’est jamais parfait.

Nous recherchons la perfection matérielle pour nous détourner de l’excellence, de l’exigence personnelle.

Je n’utilise pas le mot perfection car c’est placé la barre trop haute, inutilement.

La vérité, c’est que nous pourrons pas tout faire dans la vie.

Nous sommes obligés de choisir nos causes, nos sujets… en fonction de ce qui nous appelle.

A vouloir tout faire « bien », nous nous retrouvons sous des To-Do-List sans fin.

Nous sommes sans arrêt en retard, même le matin en nous levant à la bonne heure.

Parce qu’il faudrait être bon partout, pour ne pas dire excellent.

C’est comme si nous n’avions pas le droit à l’erreur quelque soit le domaine.

Il faut être la meilleure version de soi partout, en tout temps.

Comme si c’était une compétition contre les autres, contre soi-même.

Il faut être le meilleur mais sans échouer.

Il faudra me dire comment on apprend sans se laisser l’opportunité de ne pas réussir.

C’est impossible.

Et pire, cela nous fait vivre dans le stress, nous fait culpabiliser de ne pas être à la hauteur.

Mais à la hauteur de quoi ? De qui ?

Nous avons l’impression d’être jugé en permanence quand, dans la réalité, nous sommes la personne qui nous jugeons le plus.

Très tôt, j’ai compris que je ne serais pas la meilleur partout, même nul part.

Parfois, je me suis mis menti en pensant que j’allais devenir champion, en croyant à la méritocratie, même tardivement.

Mais la vérité, c’est que nous devons accepter notre médiocrité dans certains domaines. (Moumen, c’est pour toi !)

Ma maison est mal rangé ? Et alors si ce que je fais à la place de tout ranger m’épanouit plus ?

Mon herbe n’est pas tondue ? Qu’est ce que j’en ai à foutre, j’ai déjà tellement à faire sur ce qui m’importe.

Nous nous racontons des histoires sur ce que notre vie, notre intérieur, notre extérieur, nos possessions devraient être.

Mais cela n’a de sens que si vous souhaitez adopter les codes d’un milieu dans lequel vous souhaitez vivre, investiguer.

Je ne souhaite pas faire le concours du plus beau jardin de ma rue et encore moins de la voiture la plus propre.

Quand on me dit que c’est dommage, que ca pourrait être mieux comme ci ou comme ca…

Qu’est ce que j’en ai à foutre ?

Je ne peux pas tout faire et je n’ai pas envie de vivre dans l’urgence.

Alors je me concentre sur ce que la vie amène à moi et me transcende, me met dans le Flow.

Car tout le reste n’a aucune foutue importance.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Email
WhatsApp