Avec les évènements récents, je réfléchis, encore plus que d’habitude, à ce qui serait une bonne vie.
Evidemment, elle consiste à vivre ses journées comme on le désire.
A y faire ce qui nous anime, ce qui nous épanouit, ce qui nous met dans le Flow.
Dans la quête d’une nouvelle lecture, n’arrivant pas à finir « L’art de la créativité » qui est plutôt spirituellement inspirant, je suis tombé sur « 28 jours pour lâcher prise et retrouver l’essentiel ».
C’est du même auteur que « 4000 semaines » que j’avais particulièrement apprécié et que j’avais fait lire à Delvine.
Le sujet abordé est celui de l’impossibilité de venir à bout de tout ce que l’on souhaiterait faire.
Je n’en suis qu’au début mais je pense saisir le message.
Nous sommes dans une société qui pousse à en faire plus.
On essaie d’être de plus en plus productif, semblerait-il.
Pourtant, nous sommes toujours en retard.
Nous n’arrivons pas à faire tout ce que nous aimerions.
Pire, notre To-Do List ne fait que grossir.
Nous stressons parce que nous n’arrivons pas à tout faire.
Nous pensons que c’est parce que nous n’agissons pas correctement.
Il doit forcément nous manquer quelque chose, que ceux qui réussissent ont.
Ils donnent l’impression de tout réussir, d’être hyperproductifs.
Ils doivent avoir des secrets.
Alors on se met à lire des livres à la recherche de ceux-ci.
On commence par les autobiographies, comme j’en ai lu des dizaines.
A l’américaine, on nous explique que ce sont des super héros : C’est toujours la même histoire rocambolesque, impossible à croire tant elles sont grotesques.
On attaque des livres sur la productivité, l’organisation, à la recherche de la méthode magique alors on optimise encore et toujours.
Je dirais même qu’on sur-optimise.
Chaque seconde de notre journée doit contribuer à produire plus sinon c’est une perte de temps.
Ne rien faire en apparence ? On se reposera quand on sera mort.
On organise son intérieur, mettons en place des rituels avec l’intention de nous démultiplier.
Mais cela ne fonctionne pas.
C’est encore pire, nous sommes de plus en plus submergés.
Alors nous attaquons les livres de développement personnel et ca tourne au vinaigre.
Balivernes sur balivernes : « Si tu veux, tu peux »…
La pire escroquerie du siècle quand on s’intéresse au mythe du talent, au bug archaïque auquel j’ai consacré un podcast entier.
Parlons même de l’IA, enfin des LLM censés nous aider à gagner du temps.
Mais en fait, pas du tout !
La dernière fois, un ami dont je ne citerais pas le nom est venu à la Villa SuperPhysique quelques jours et passaient ses soirées à se documenter sur Claude, à bricoler avec…
Est-ce qu’il n’aurait pas juste pu se foutre dans le canapé à échanger avec son hôte à vivre ?
Non, il fallait qu’il joue avec l’IA.
Au lieu de résoudre un problème, ces LLM en provoquent d’autres.
Ils ne font pas gagner du temps, ils accentuent la dette de temps, comme pris dans la spirale du toujours plus.
Alors on explose.
On fait des Burnouts car personne ne nous a expliqué qu’on ne pourrait pas tout faire.
Personne ne nous a démêlé le vrai du faux.
Il n’y a pas de surhomme, il n’y a personne qui arrive à tout faire.
Il n’y a que des gens imparfaits qui ont un temps fini et qui ne pourront pas succomber à toutes leurs envies.
Ils devront choisir ce qui compte vraiment, tout en ayant conscience, que cela peut changer.
C’est pourquoi chaque jour, j’essaie de ne pas trop en faire.
Je ralentis, je prends mon temps, je ne veux pas courir à l’instar du podcast avec Christine Arron que je vous ai partagé ce matin.
Je n’accélère que quand je l’ai décidé, pas sous la pression de qui ou de quoi que ce soit.
Je me laisse des possibilités de.
Car je crois que c’est ca la liberté au final : Avoir la liberté de.
Nous courons après une potentielle destination où nous arriverions à la fin de notre liste de choses à faire avec un sentiment de finitude.
Mais tous les outils qui ont vu le jour depuis que je suis né ne convergent que vers une seule possibilité : Nous forcer à en faire plus.
On croit gagner du temps quand on ne fait qu’en perdre de plus en plus à se concentrer sur des futilités.
Comme si le plus était une solution, un lieu, un but en soi.
Quand on voit des individus qui donnent l’impression de tout faire, rappelez-vous qu’ils ne sont pas seuls.
Elon Musk ne fait pas grand chose de ses journées. Ce n’est pas lui la tête pensante.
Mieux encore, ils sont des dizaines, si ce n’est des centaines de têtes pensantes derrière.
Mais la société aime valoriser un individu, entretenir le mythe, y faire croire.
Comme nous ne pouvons pas tout faire, alors nous devons être sélectif.
Nous devons faire des choix sur ce qui importe vraiment à nos yeux, au plus profond de nous.
Ce n’est pas une vie de courir en permanence et ca ne peut, d’ailleurs que mal, finir.
Alors que souhaitez-vous vraiment accomplir dans cette vie ?