Pendant longtemps, j’ai dit ce que je pensais.
Je supputais que ceux et celles qui se retenaient de dire ce qu’ils pensaient étaient des faux culs.
Cela me semblait normal de dire ce que l’on avait dans la tête.
Pourquoi se retenir de dire sa vérité ?
Ca ne devrait gêner personne.
Mais c’était un comportement égoiste.
La première fois que je l’ai remis en question, c’est lorsqu’un de mes anciens élèves, David D. m’a partagé cette maxime :
« Pense ce que tu dis et non ce que tu penses ».
C’était à un moment où je n’en pouvais plus de recevoir des avis sur le Club SuperPhysique alors que je n’en sollicitais aucun.
Au début, je n’ai pas saisi l’ampleur de ce qu’il venait de me souffler.
J’ai lu des livres sur la communication comme « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs » de Marshall Rosenberg qu’une ex m’avait recommandé sur la communication non violente.
Mais surtout, j’ai lu « Comment se faire des amis ? » de Dale Carnegie.
La première fois que je l’ai lu, il m’a mis mal à l’aise. Il rejoignait beaucoup les quatre accords toltèques, notamment sur le fait de ne pas dire du mal d’autrui en public mais de le garder pour soi.
J’étais tellement habitué à partager mes pensées, mes coups de gueules, à critiquer qui que ce soit qui semblait agir n’importe comment, ne dire que des conneries à mes yeux que je ne pouvais le concevoir.
Il était de mon devoir de « sauver » le monde.
Je ne pouvais pas laisser des gens se faire avoir par deux chaises et un manche à balai pour se muscler (par exemple).
Mais petit à petit, un changement s’est opéré en moi.
Certains pourraient sourire en lisant ses lignes, notamment en écoutant les podcasts sur Patreon, mais j’applique vraiment un filtre.
On ne dirait pas mais il est présent car si j’ai bien appris quelque chose, c’est que tout n’est pas bon à dire.
On n’a pas besoin de tout se dire, peu importe comment on est proche.
Cela me rappelle une discussion avec une autre ex qui s’offusquait que les gens ne soient pas eux-mêmes et est plusieurs personnalités.
En réalité, nous devons anticiper les réactions que cela pourrait déclencher car aucun d’entre nous ne souhaitent faire du mal à autrui, le braquer, au contraire.
Nous désirons faire mieux ensemble que seul.
Sans oublier que notre vérité n’est que notre vérité, avec les filtres qui se sont construits vis à vis de notre personnalité au fil des années.
Au début, j’ai commencé à écrire pour me défouler mais sans publier.
Rien qu’écrire me permettait de vider mon sac. Je ne sais combien de messages j’ai écrit à des personnes sans jamais les envoyer.
En les relisant, je comprenais rapidement que cela n’aurait servi à rien, si ce n’était à faire du mal à autrui et me mettre des gens à dos.
Evidemment, je l’ai fait pendant de nombreuses années pour ceux et celles qui me suivent depuis longtemps ; mais c’était une erreur.
Je me suis donc fait des « ennemis » au fil des années.
Alors que je marchais avec Anto, avec nous sur Patreon, lors de notre périple à Paris la semaine dernière, je ne pus m’empêcher de lui donner quelques conseils.
Je le vois énervé, en guerre avec la société et cela se ressent dans ses posts sur les zéros sociaux, dans sa manière de communiquer alors qu’il a tout pour élever.
Je le connais bien et je sais que tout comme moi, tout comme vous, qu’il cherche à faire du mieux qu’il peut.
Personne n’a jamais fait du mieux qu’il peut en résonnant négativement.
En envoyant des mauvaises ondes.
On fait du mieux que l’on peut en s’élevant d’abord soi-même, en modifiant son environnement pour qu’il colle à ce que l’on souhaite réaliser.
Et en choisissant scrupuleusement ses mots lorsque l’on s’exprime.
Bien sur, c’est tout un art et personne ne m’avait jamais dit cela à l’école.
Plutôt que de dire à quelqu’un qu’il est mauvais alors qu’il ne fait que ce qu’il peut, tout comme chacun d’entre nous, entrevoyons plutôt ses possibilités.
Plutôt que de raisonner en terme de performance, raisonnons en terme de progrès, de possibilités.
Nous glorifions la responsabilité individuelle quand elle est surtout collective.
A juste titre, n’oubliez pas que toutes les entreprises qui nous dirigent emploient les cerveaux les plus intelligents qui soient.
Aujourd’hui, je ne crois qu’en l’émulation collective, en la possibilité de faire mieux ensemble que seul.
Et comme me le rappelle les trois portes de la sagesse, la seule personne que je peux changer, c’est moi et avec un peu de chance.
Je ne peux pas changer le monde, je ne peux pas changer mon voisin comme je l’ai partagé dans mon livre « The Life » dont il me reste quelques exemplaires.
Mais je peux faire le choix de l’impacter positivement : De lui sourire, de me concentrer sur ce qu’il a de positif.
Rien ne sert de dire à quelqu’un qu’il est gros, en surpoids, moche et con.
Révélation du jour : Il le sait déjà et se juge fortement pour cela.
Par contre, en fonction du moment, nous pouvons lui dire qu’il a maigri, qu’il a l’air en forme… Nous pouvons le conditionner à l’instar de la PNL.
Parfois, il suffit d’un mot pour changer un destin, pour qu’il y ait un déclic, que ce soit positivement ou négativement.
Rappelez vous pendant vos études le poids des mots qu’ont eu certains enseignants.
Certains nous poussaient à nous dépasser, comme ma professeur d’Allemand en troisième tandis que d’autres nous dégoutaient d’une matière
Certains parleront de manipulation, de se trahir soi-même.
Mais rappelons-nous notre objectif ultime : Faire mieux ensemble que seul.
Rien ne sert de gagner contre les autres, ce ne serait pas une victoire mais une défaite.
Alors j’essaie, chaque jour, de bien choisir mes mots quelque soit le texte ou l’idée que je souhaite partager.
De trouver les mots qui feront une différence positive en fonction de la personne ou du public auquel je m’adresse.
Du moins, c’est l’ambition que je me donne.
Et je vous invite à en faire autant,
Car les mots ont une force positive comme négative.