J’ai beau savoir que les dés sont pipés dès le départ que je ne peux me résigner.
Je ne peux pas accepter complètement ma condition et ce que je vois autour de moi.
On dit que le bonheur, ce n’est pas de désirer ce que l’on n’a pas mais d’aimer ce que l’on a que je crois, qu’en nous, est ancré le besoin d’agir.
J’ai beau savoir que tout est déterminé, que tout s’est déjà joué pour chacun, qu’il ne fait que suivre le chemin qu’il doit emprunter, que j’ai du mal à accepter n’avoir aucun pouvoir.
J’ai tellement d’espoir pour mon voisin, pour mes élèves, pour mes amis.
J’ose entrevoir leurs potentiels, leurs capacités bien au delà de ce qu’ils pensent être possible.
Je crois connaître le chemin qui les y emmènera qu’il ne s’agit que du chemin que je devais suivre.
Je vois certains de mes élèves en suivi coaching à distance avoir toutes les cartes en mains pour réussir à se transformer, à changer leurs vies que cela me fait « mal » quand il y a des sorties de route, en inadéquation avec leurs objectifs.
J’essaie de m’en détacher sans y arriver totalement.
Pourtant, ca ne les concerne qu’eux et ils ne peuvent certainement pas faire autrement, prisonniers de leurs éducations et de qui ils sont, tout comme moi.
Je ne suis qu’un guide cherchant à partager les réponses qu’il a trouvé, ni plus ni moins.
Comme si je cherchais la reconnaissance par les progrès d’autrui quand cela n’est pas mon combat et que cela ne devrait pas me toucher, puisque sans réelle importance.
Je discutais avec David de Féroce hier et je lui expliquais pourquoi je n’avais plus le feu sacré concernant mes projets : Parce qu’ils ne révolutionneront pas le monde.
Ils l’améliorent et l’amélioreront mais ne seront pas décisifs, ils ne sont pas assez importants à mes yeux vis à vis des sujets qu’ils abordent.
C’est de la distraction, au pire du divertissement positif.
Pendant plus d’une décennie, j’ai essayé de démocratiser les cycles de progression en musculation pour un impact si faible.
Bien sur, cela a permis à des centaines de personnes de progresser mais cela est si peu en regard du nombre de personnes qui m’a écouté, lu, regardé.
C’est comme l’application SP Training que Pierre vient de mettre à jour : Elle est monstrueuse !
Mais vraiment, elle est incroyable avec l’Onboarding de départ afin d’avoir son programme personnalisé.
Cependant, j’ai du mal à accepter son sort, presque maintenu à l’anonymat alors qu’elles devraient aider des milliers, que dis-je, des dizaines de milliers de personnes à avoir un bon programme et à savoir quoi faire à chaque séance en fonction de ses ressentis.
Je réfléchis avec Pierre à comment la faire connaître, comment améliorer l’acquisition et la conversion, comment la rendre incontournable car au fond de moi, plus que l’expansion, je sais que la société ne va jamais mieux que si tout le monde va de l’avant, ce qu’elle permet.
C’est comme si quelque chose me poussait au fond de moi à ne pas abandonner, à continuer un peu pour voir où ca mène, sans y mettre trop d’attentes, déçu peut être par mes précédentes expériences.
J’ai certes révolutionné ma vie mais combien d’autres vies ai-je révolutionné ?
On croit avoir du pouvoir quand on n’en a finalement aucun.
Comme si les réactions et les comportements que j’estime inadaptés, via mon prisme, me poussaient à réagir et à appuyer là où ca fait mal pour faire changer, quand cela braque surtout la majorité qui n’a pas les capacités les voir et trouve normal de faire la gueule, de s’énerver pour rien, de se plaindre… Sans rien changer, comme un éternel recommencement.
Chaque jour, je me pose la question de revivre mes journées en regard de ce que j’ai écrit sans savoir si je proposerais cela au plus grand nombre, en dehors de mes Patreotes.
J’essaie d’apporter ma pierre à l’édifice, de faire ce que je peux parce que je suis, en partie, frustré, ce qui me pousse à agir.
Mais je « connais » aussi le fonctionnement de ce monde, une partie de la psychologie humaine, les biais cognitifs à utiliser pour faire prendre des décisions, pour forcer la main.
Même si l’intention est louable derrière, cela coince en moi. Je n’ai jamais aimé qu’on me manipule, que l’on essaie de me faire acheter ce dont je n’ai pas besoin.
Je pourrais forcer mais je me cache derrière ma propre morale, qui vaut ce qu’elle vaut.
Néanmoins, je sais la valeur de mon travail, de ce que je fais, de ce que je peux apporter.
Pourtant, en moi, deux sentiments s’opposent.
D’un côté, je suis prêt à accepter chacun comme il est, sans avoir d’attente.
De l’autre, cette médiocrité m’agace et me pousse à agir, à partager, à me mettre en action.
Je n’arrive pas à l’accepter complètement.
Je suis mitigé car je sais que les dés sont pipés et que mon pouvoir est faible, voir inexistant.
Je n’ai plus cette flamme que j’avais à mes débuts, propre à la jeunesse sans doute, de m’énerver, de crier, de me battre, d’essayer de convaincre, quand je pensais justement avoir du pouvoir.
Aujourd’hui, je sais qu’il est très limité quant à ce qui m’amine, me passionne, quant aux sujets qui me tiennent à cœur.
Alors, je suis plus sage, peut être résigné quant à ce que je vois.
J’aimerais un autre monde mais la vérité est que je ne peux que me changer, et encore…
Alors je fais ma part en essayant de ne pas trop en attendre.
Aussi, parce que je suis dans une situation confortable, que je n’ai pas besoin de plus, que le plus se fait tout seul.
Je n’ai pas de cette rage de vaincre que l’on connaît quand on a rien.
J’essaie d’agir avec passion, avec entrain quant à ce que je souhaite partager, ni plus ni moins.
Je suis mon destin, m’amenant où je dois être.
Tout est déjà pipé mais je le savais déjà.