Pendant des années, j’ai foncé tête baissée.
Il fallait faire, ne louper aucun engagement, aucun rendez-vous.
Ne pas prendre de vacances, produire et encore produire.
Il n’était pas question de ralentir, encore moins de faire une pause.
Puis je ne sais pas quel déclic, j’ai commencé à ralentir et à me poser des questions.
Est-ce que je faisais au jour le jour servait une vision plus long termiste ?
Est-ce que mes productions hebdomadaires allaient dans le sens d’où je souhaitais être dans 5 ou 10 ans ?
Vous savez, dans de nombreux podcasts, il y a toujours cette question de fin : « Où te vois-tu dans 10 ans ? »
Je ne réussissais jamais à répondre à cette question autrement que par « Continuer ce que je fais au quotidien ».
Parce qu’évidemment, comme je le répète régulièrement, une bonne vie, ce sont des bonnes journées.
Mais des bonnes journées ne font peut être pas une bonne vie.
Peut être qu’elles ne nourrissent pas suffisamment mon ego qui a besoin d’exister au moins un peu.
Peut être qu’elles ne m’aident pas à remplir ma mission, à avancer sur celle-ci.
Parce que je peux finir chaque journée heureux, épanoui à avoir produit, aider sans qu’il n’y ait d’évolution.
Mais est-ce suffisant ? Puis je m’en contenter ? Est-ce assez ?
Comme le disait récemment dans un podcast André Comte Sponville que j’ai partagé sur mon Patreon, le but de la vie n’est pas réussir.
C’est une invention sociétale, une sorte de but ultime dont chacun lui donne la définition qui l’arrange en fonction de sa situation.
Chacun d’entre nous se raconte l’histoire qui l’arrange.
Quelque soit le domaine, je n’ai jamais su me contenter, peut être à tort, comme si progresser était inscrit dans mes gênes, dans l’éducation que j’ai reçu.
C’est pour cela que j’essaie de prendre du recul, que je demande ce que je souhaiterais avoir réalisé dans 5 ans.
Je m’imagine l’article que j’écrirais, l’histoire que je raconterais, les vidéos que je ferais.
Au lieu de produire à tout va, il m’arrive désormais de me prendre 1h avec moi-même, un stylo et une feuille blanche à réfléchir, à me déconnecter complètement du bruit ambiant, ce qui était impensable.
Je me demande ce que je veux accomplir et pourquoi, afin d’écarter les envies futiles et de perdre du temps, de l’énergie.
Je me force à prendre ce temps, à ralentir plutôt qu’à accélérer.
Je ne veux pas me stresser, être dans le jus car c’est ainsi que passe à côté de leurs vies la majorité des gens, à ne jamais relever la tête.
A être perpétuellement noyé avec des difficultés à respirer.
Ce que je me souhaite, c’est avant tout de vivre, d’être présent, de respirer, d’être fluide moi qui suis né crisper, à l’instar de Thomas le sprinteur.
Aussi, je me fixe des objectifs qui ont du sens à mes yeux.
Qui me permettent de donner du sens à mon travail, de travailler pour.
On dit qu’on ne peut pas réaliser ce que l’on ne se voit pas faire.
Alors je visualise, je vois, je regarde dans les moindres détails ce que je souhaite accomplir.
J’agis comme si c’était déjà fait, le fameux syndrome de l’imposteur qui donne des ailes, ou en tout cas la force de devenir, l’entrain de se mettre en action.
Je ne veux plus naviguer à perte, même si j’aime croire au destin, à la prédestination.
Je souhaite une ou plusieurs cibles parce que sans, il est impossible de choisir une direction.
De mettre en place des actions concrètes.
Comme en sport, j’essaie d’en faire moins que trop afin de laisser de la place à mon inconscient, à mon instinct.
Je ne veux pas courir après le toujours plus même si l’utilisation des IA de plus en plus importante semble pousser le monde dedans.
A ma mort, je veux que l’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui a fait sa part, qui a été utile et qui n’a jamais abandonné.
Comme quelqu’un qui ne s’est pas corrompu, qui a résisté à la médiocrité ambiante, qui n’a pas pris autrui pour une truffe.
J’entrevois les actions à faire au quotidien, hebdomadairement, à chaque interaction avec autrui.
Je sais ce que je dois mettre en place pour réussir à atteindre cet objectif.
Je ne veux pas être comme la plupart des gens qui ont des rêves qui le resteront.
Alors je priorise, je détermine ce qui compte, ce qui a du sens à l’avenir pour moi.
Pour ne pas être partout et nul part à la fois.
J’abandonne certaines productions parce qu’elle ne me servent finalement pas.
Pour me recentrer, me concentrer, être efficace.
La finalité n’est jamais dans le plus, elle est dans le mieux.
Comment faire mieux humainement ? Voici la question que je me pose à chaque interaction.
Parce que ce sont de ses interactions que dépend mon avenir et où j’en serais dans 5 ans, 10 ans et plus.
Je n’ai pas l’envie de devenir une légende, d’autant plus que cela ne dépend pas de moi.
Ce qui compte avant tout, c’est de considérer autrui comme je l’ai partagé dans cet article et que je l’évoque en cours avec les futurs coach qui me demandent réussir à vivre du métier.
Voici donc ce qui me guide au quotidien et détermine les actions que je réalise : Où je souhaite être dans 5 ans exactement ?
Pas uniquement en sport, pas uniquement entrepreneurialement mais dans chaque domaine de ma vie.
Parce que je ne peux me résoudre à agir pour stagner.