Non, les mots ne se valent pas.
Même si en apparence, ce sont les mêmes.
Même s’ils sont choisis soigneusement.
Tout nous encourage dans ce monde à accélérer.
Avant, on écrivait des lettres sur un papier.
Après, on a tapé sur un clavier.
Quand aujourd’hui, on s’envoie des vocaux.
Je dis ca mais je n’envoie jamais de vocaux et si l’on m’en envoie, il est rare que je les écoute.
Mieux, je réponds à l’écrit à mon interlocuteur que je n’écoute pas les vocaux et lui demande de m’écrire ce qu’il a à me dire.
Parfois, ca passe. Parfois, il se braque comme si c’était un dû que je l’écoute s’épancher sur ses problématiques dont il me souhaite me faire part sans que je ne lui ai rien demandé.
Il est pressé, ne veut pas prendre le temps d’écrire et croit que je n’ai que ça à faire que de l’écouter, me sortant alors de ma bulle cognitive où j’écris, je pose mes pensées et réflexions.
Rien n’est plus important que ma bulle, mon flow quand j’y suis, connecté au présent, à la vie.
Autrui ne le sait pas car il ne pense pas souvent plus loin que le bout de son nez.
J’écoutais une vidéo que je vous partagerais demain dans la Revue de Presse où désormais, les logiciels de reconnaissances vocaux sont boostés à l’IA et transmettraient plus vite l’information qu’en tapant sur le clavier.
Je me demande où est l’amélioration, le progrès là dedans.
Est-ce vraiment une course de vitesse ?
Est-ce qu’une bonne vie, c’est aller toujours plus vite, dépendre de plus en plus d’outils technologiques, en faire de moins en moins par soi-même ?
Est-ce que l’on doit tout se faciliter ?
Est-ce que justement une bonne vie, ce n’est pas une vie où on fait des efforts, où l’on se donne, où il y a un vrai chemin à arpenter ?
Quel intérêt d’arriver en haut d’une montagne en hélicoptère ? Ce qui compte, c’est le périple, la montée, la galère.
J’aime galérer, j’aime que ce soit difficile, j’aime avoir du défi.
Si c’est trop facile, je suis démotivé avant même d’avoir commencé.
Et c’est justement parce que c’est difficile que j’ai envie de le faire, de voir ce dont je suis capable, de me mettre en mouvement.
Alors que je réfléchis à utiliser Many Chat pour automatiser le message que j’envoie à chacun de mes nouveaux abonnés sur Instagram, je me rends compte de la supercherie.
Est-ce vraiment une question de plus, encore ?
Est-ce que je ne peux pas prendre le temps personnellement d’écrire à chaque individu ?
D’autant plus quand il y a un monde, à mes yeux, entre le message que je peux automatiser et le message que je peux envoyer manuellement.
D’une part, je ne peux pas mettre le pseudo et encore moins le prénom comme je m’efforce de le faire dans le message que j’envoie.
D’autre part, je sens que l’intention n’y est pas, elle est mécanique, froide.
Ai-je envie de rentrer dans ce jeu alors que ma mission est l’émulation collective, d’être utile, de faire mieux ensemble que seul ?
De déconsidérer autrui ? De la déshumaniser ? De le prendre pour un numéro ?
Est-ce qu’un message automatique est perçue de la même façon qu’un message envoyé manuellement ?
A mes yeux, il est évident que non.
Même si ca ne se voit pas, ca se sent.
S’il y a bien une perdurabilité au fil des siècles, ce sont les émotions humaines.
Certes, on peut jouer avec celle d’autrui sur le court terme mais à long terme, c’est voué à l’échec.
Je crois que l’intention avec lequel le message est envoyé change tout.
Je crois que l’intention avec laquelle vous écrivez, que le temps que vous y passez se ressent.
Je crois que l’accueil réservé à l’effort est perçu, si on appelle cela un effort.
Quand c’est fait à la va-vite, ca ne fait pas plaisir.
C’est pour cela que je prends toujours le temps pour envoyer un email.
Que je prends le temps qu’il faut pour chaque chose.
Que je ne réponds jamais du tac au tac si cela me demande du jus de cerveau, de la réflexion.
J’essaie d’être dans les bonnes dispositions psychologiques en fonction de la tâche que je souhaite accomplir.
Je ne veux pas agir dans l’urgence, je ne souhaite pas me précipiter.
J’ambitionne de prendre le temps qu’il faut, quitte à ce que cela me prenne plus de temps, à être en retard comme pour mon livre « Hybrid ».
Je suis, en partie, responsable, de part mon travail, des personnes qui m’écrivent, me questionnent, me suivent.
Il est de ma responsabilité de les considérer, de leur accorder de l’attention, du temps.
Je ne suis pas un numéro et si l’on me prend pour, alors je saurais m’en rappeler.
J’ose imaginer qu’il en est de même pour tous.
Même si je tape vite sur un clavier, écrivant des articles depuis 2004, plus vite que je ne pourrais parler, je pose mon intention avant d’écrire.
Si l’on me contacte pour un suivi coaching à distance, c’est que l’on recherche mon aide.
Si l’on m’écrit pour me questionner, c’est que l’on estime mes compétences, ma personne.
Je m’assure d’être le reflet de l’image que je donne, de qui je suis.
C’est parce que j’ai les bonnes intentions que personne ne me cherche des problèmes, que je désamorce n’importe quelle situation dans la vie, même quand mon interlocuteur est énervé, sous pression.
Je ne cherche pas à lui rentrer dedans, au contraire.
Je ne veux pas jouer un rôle, à aucun moment car je ne supporte pas que l’on joue avec moi.
C’est comme l’entrainement.
Plus que le programme, plus que les exercices… ce qui compte, c’est avec quelle intention on s’exécute.
De là dépend le résultat.
Car le programme n’est pas le secret.
Comme disait Jean Texier, en exagérant un peu : Ce n’est pas le champion qui compte la répétition, c’est la répétition qui fait le champion.
Chacune de nos actions compte et c’est pourquoi j’essaie d’y mettre la bonne intention.
C’est d’elle que dépendra votre avenir et votre vie.