La première fois que j’ai vu quelqu’un sourire autant que moi, c’était en 2010 lors du premier podcast que j’ai enregistré à Paris.
A l’époque, personne ne faisait de podcast et j’enregistrais mes échanges afin de faire gagner du temps aux personnes avec qui je souhaitais échanger.
Je passais ensuite des heures à tout retranscrire, à mettre en forme.
Cette personne, c’était Christophe Carrio. Il souriait, rigolait en tout temps.
Le son n’est pas de la meilleure des qualités mais vous pouvez le retrouver sur SuperPhysique.
On pourra noter mon évolution cognitive et intellectuelle à force de poser des questions depuis.
Il n’avait pas besoin qu’on lui fasse une blague, il est joyeux de nature.
Ou plutôt, j’oserais penser qu’il a développé cette faculté.
Je me souviens encore des remarques que je prenais lorsque je naviguais dans le milieu de la force athlétique et que l’on me demandait pourquoi je souriais autant.
Plus récemment, alors en formation pour les Futurs Coach à l’INSEP, un groupe d’élève m’avait demandé pourquoi j’avais l’air si heureux, contrastant avec leurs autres formateurs.
Je vais vous le dire franchement : Le sourire, la joie, ca se cultive.
Ca ne tombe pas du ciel.
Ayant grandi en banlieue parisienne, je ne peux pas dire que j’étais entouré de gens joyeux.
D’autant plus avec mon éducation familiale où ma mère se plaint en tout temps et où mon père fait toujours remarquer ce qui ne va pas (mais essaie, pour sa part, de corriger le problème).
D’aussi loin que je me souvienne, vis à vis de l’histoire que je me raconte, j’ai toujours eu cet entrain, cette facilité à entrainer avec moi dans mes projets, à faire croire dans l’impossible qui était plus que possible pour moi.
J’ai toujours fait d’incroyables discours, des one-man show à chaque projet, à chaque idée qui m’entraine.
Je ne fais pas exprès d’être un pro du teasing car j’y crois vraiment, même si parfois, ca ne se passe pas comme prévu, ce qui est normal car je sous-estime toujours les embûches que je vais rencontrer en terme de temps et d’implication à les résoudre.
Bien sur, quand tout est gris autour de soi, quand on est abreuvé de mauvaises nouvelles, il est difficile d’avoir le sourire.
Lorsque j’ai déménagé à Annecy en 2012, j’ai rapidement compris que mon bonheur dépendrait de moi et de mes décisions.
Alors j’ai commencé par ne plus avoir de télévision, de ne plus regarder les informations télévisées, les journaux.
Certains et certaines peuvent être paniqués de ne pas savoir ce qui se passe dans le monde mais la vérité est que cela ne nous concerne pas, d’autant plus quand on fait exprès de ne nous partager que les « mauvaises nouvelles » pour nous garder en alerte.
Tout ce qui se passe de bien n’est pratiquement jamais abordé et ce qui pourrait nous intéresser, c’est à dire ce qui se passe près de chez nous est passé sous silence.
Qu’est ce que je m’en fous de la guerre en Ukraine ?
Pire, est ce que j’ai envie de savoir qu’une partie de mon travail, collecté par l’Etat part pour la financer plutôt que qu’aider mes compatriotes français ?
Je m’intéresse à ce qui se passe autour de chez moi et surtout à ce qui est en mon pouvoir.
Si je n’ai aucun pouvoir et que je ne peux que constater la misère, je préfère ne pas y être confronté.
Certains parleront de Stoïcisme mais pour tout vous dire, c’est Dorian Yates, Mr Olympia de 1991 à 1997 qui m’a transmis ce trait de caractère quand j’avais 16 ans et que j’ai lu son livre « Le CV d’un Guerrier ».
Ce qui est fait est fait et si je n’ai pas la possibilité d’agir, alors j’oublie et je passe à autre chose.
En éducation canine, on parle de la loi de l’extinction.
Par exemple, si votre chien aboie, la meilleure façon de lui faire comprendre que rien ne sert d’aboyer est de l’ignorer. Il finit par arrêter d’aboyer tout seul.
Par contre, si on lui accorde l’attention quand il aboie, il intègrera que c’est le meilleur moyen d’avoir de l’attention.
Evidemment toute ressemblance avec le genre humain est fortuite.
Petit à petit, je me suis déconnecté du reste du monde.
Plutôt que de laisser l’information me consommer, je choisis à quoi accorder de l’attention.
Je n’attends pas que cela me tombe dans le bec.
Je ne succombe que rarement aux algorithmes de recommandations.
Je cherche des réponses à mes questions.
Souvent, mon père ou ma mère me partagent l’actualité qu’ils ont entendu à la télévision, me demandant si j’ai vu ce qu’il se passait.
Mais je n’ai pas besoin de voir, de savoir tout cela.
Mon espace cognitif est limitée et il est précieux.
On loue souvent ma mémoire mais c’est parce que ma tête ne se remplit que par choix.
En délaissant le mode par défaut, j’ai de la place. Mon cerveau n’est pas surchargé non intentionnellement.
Mieux encore, cela me permet d’entretenir ma joie.
Car je ne côtoie que ce qui m’inspire, me motive, m’intéresse.
Je vois les possibilités, mes possibilités et celles d’autrui.
Je me concentre sur ceux et celles qui font ou veulent faire pour entretenir l’émulation collective dont je suis un ferveur défenseur.
J’ai le sourire car je ne perd pas mon temps et mon énergie.
Je fais ce que je peux, ce qui m’anime.
Si j’ai pris un chien diabolique, c’est parce qu’il donne le sourire et me met en mouvement.
Si je m’entoure de quelqu’un, c’est qu’il m’apporte du plus sinon je le zappe sans aucune vergogne.
Je n’ai pas besoin que les relations soient gagnantes gagnantes car je sais que personne n’est comme moi et que très peu ont pu construire leurs vies comme ils l’entendaient.
Je cultive ma joie en me concentrant sur le positif et ma faculté d’action.
Si je ne peux pas agir, alors j’oublie, j’éteins et je passe à autre chose.
Je n’ai pas choisi de naître mais puisque je suis là, autant que ce soit pour des bonnes journées et une bonne vie.
C’est pour ca que j’ai le sourire parce que je choisis en conscience ce qui a de l’intérêt pour moi et que tout le reste me passe au dessus.